ʻO nā lāʻauʻaeʻa, ka moekolohe, ka hewa politika ... nā hana hōʻeuʻeu Korea e huli i ka hihia

Accusé d’avoir filmé ses relations sexuelles à l’insu de ses partenaires et d’avoir diffusé les enregistrements, le rockeur Jung Joon-young a présenté une lettre d’excuse. Il est par ailleurs soupçonné d’avoir participé au réseau de prostitution de la star de K-pop Seungri et d’avoir encouragé les viols de plusieurs femmes.

Ils sont devenus les parias de tout un pays en l’espace de quelques jours. D’abord visé il y a un peu plus d’un mois dans une enquête d’évasion fiscale et de trafic de drogue, le chanteur populaire Seungri a été inculpé en début de semaine pour «incitation à la prostitution». Après la publication par la chaîne de télévision SBS d’extraits de conversations privées, c’est maintenant son ami Jung Joon-young, leader d’un groupe de rock, qui s’est attiré les foudres de la population coréenne. D’une ampleur grandissante, l’affaire pourrait également révéler plusieurs cas de corruption au sein de la police.

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Jung Joon-young a annoncé vouloir passer «le reste de sa vie à réfléchir à l'immoralité et l'illégalité de ses actions».
Jung Joon-young a annoncé vouloir passer «le reste de sa vie à réfléchir à l’immoralité et l’illégalité de ses actions». Capture Instagram sun4finger

«Je reconnais tous mes crimes, a déclaré Jung Joon-young dans une lettre d’excuse mardi soir. J’ai filmé des femmes sans leur consentement, j’ai partagé les images dans un chat et pendant que je faisais ça, je ne ressentais pas une grande culpabilité.»

e like me SBSla conversation groupée dans laquelle il partageait les preuves de ses «conquêtes» réunissait huit membres, dont trois artistes hommes, parmi lesquels figuraient Seungri et le guitariste du groupe FT Island, Choi Jong-hun. «Comme si c’était normal, Jung Joon-young filmait les femmes et les traitait comme des objets, commente SBS. Il prenait du plaisir à les filmer de manière illégale, tout en étant conscient du caractère criminel de ses actes». Après la publication de cette lettre d’excuses, l’agence de Jung Joon-young a annoncé dans un communiqué avoir rompu son contrat avec lui.

Parallèlement aux enquêtes en cours, les médias coréens continuent de fouiller ce chat qui date de 2015 à la recherche d’autres éléments compromettant. Dans l’un des derniers extraits divulgués par la chaîne, le chanteur encourage les autres membres du groupe à «se retrouver tous sur le Net, aller dans un club de strip-tease, et violer [quelqu’un] dans une voiture». Dans un autre, alors que le membre «Kim» raconte avoir eu une relation sexuelle avec une femme après lui avoir donné des somnifères, Joon-young répond: «C’est un viol», suivi de smiley.

De forts soupçons de corruption policière

Interrogé mardi par la radio CBSl’avocat qui a donné les extraits de conversation aux autorités a déclaré soupçonner la police sud-coréenne d’être mêlée à cette affaire. Il a préféré saisir la Commission des droits civiques et anti-corruption afin de préserver, en tout cas pour un temps, l’identité du lanceur d’alerte, son client. Sans révéler les noms des agents de police présumés corrompus, il a admis avoir trouvé parmi les fichiers des éléments laissant penser que certains délits perpétrés par des membres du groupe auraient été étouffés en échange de sommes d’argent.

Une corruption qui aurait déjà sauvé Jung Joon-young par le passé. En 2016 déjà, une ancienne petite amie portait plainte contre lui pour l’avoir filmée sans son accord lors d’actes sexuels. La police avait alors réquisitionné le téléphone de Jung Joon-young. Il aurait déclaré son téléphone «cassé» et l’aurait envoyé en réparation à la place. D’après les rapports du média américain Soompi un agent de police aurait demandé à la société en possession du mobile d’attester par écrit l’impossibilité d’accéder aux données du téléphone. La compagnie aurait refusé. L’enquête de police a été clôturée sans attendre les résultats d’analyse, et Jung Joon-young acquitté, après l’abandon des charges par la jeune femme.

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Dans une conférence de presse donnée mardi, le commissaire général de la police nationale coréenne, Min Gap Ryeong, s’est engagé à vérifier de manière assidue toute implication de la police dans ces affaires. «Si des crimes sont découverts au cours de l’enquête, ils seront jugés comme il se doit, peu importe le statut des concernés», a-t-il précisé.

L’arbre qui cache la forêt

Kang Kyung-yun est la journaliste à l'origine de l'enquête initiale sur le proxénétisme mené par Seungri.
Kang Kyung-yun est la journaliste à l’origine de l’enquête initiale sur le proxénétisme mené par Seungri. Capture Youtube ‘Video Mug’

La journaliste de SBSKang Kyung-yun, a tenu à rappeler que les scandales de Seungri et Jung Joon-young ne doivent en aucun cas camoufler l’affaire du club Burning Sun, dont la star de K-pop Seungri était le directeur des relations publiques. «La controverse centrale autour du Burning Sun concerne des sujets très sérieux comme la drogue, l’utilisation de caméras cachées, les connexions avec la police, etc. Bien sûr que nous devons poursuivre nos investigations.»

Il se pourrait également que cette onde de choc expose au grand jour des agissements trop fréquents et souvent ignorés dans l’industrie sud-coréenne du divertissement. «Je pense que cette affaire d’hommes célèbres qui filment secrètement des femmes, est un énorme problème lié au traitement des femmes comme objets sexuels, à la perception déformée de la sexualité qui en résulte, et à une utilisation corrompue du pouvoir au sein de cette industrie», souligne la journaliste d’investigation.

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Si les célébrités sont soumises à une forte pression du public et se doivent de conserver une image respectable, c’est qu’elles représentent le fer de lance culturel de l’économie sud-coréenne. Le gouvernement les soutient activement comme produit d’exportation, ce qui aggrave l’onde de choc suscitée par le scandale. La police a récemment annoncé que Jung Joon-young et Seungri seront auditionnés le même jour, jeudi 14 mars.

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