ʻO nā hualoaʻa o ke kohoʻana o ka Pelekikena i Ukraine

Dimanche 31 mars c’est dans une Ukraine toujours divisée par des conflits autant politiques que géostratégiques que s’est tenue la septième élection présidentielle de l’histoire du pays. Lassée par une guerre sans fin dans le Donbass, une économie toujours en berne et des scandales de corruption à répétition, une majorité d’Ukrainiens a signalé son ras-le-bol en portant un comédien novice en politique en tête du premier tour.

Un pays géopolitiquement instable

Dans un pays toujours en guerre dans la région du Donbass, autour de Donetsk et Louhansk, peuplée majoritairement de russophones séparatistes, les Ukrainiens étaient appelés, le 31 mars dernier, à voter pour les élections présidentielles. Des incidents hoʻomau cependant d’empoisonner les relations entre Kiev et Moscou dans les régions tampons du sud-est du pays. En prenant également en compte l’annexion de la Crimée par la Russie, la commission électorale centrale d’Ukraine manaoia à près de 12% les électeurs de cette zone. Si nombre d’entre eux se satisfont de cette situation, la commission électorale hāʻawi des facilités aux potentiels électeurs dans la modification de leur secteur de vote.

Alors que plus de 2000 observateurs internationaux étaient invités à observer le scrutin, notamment d’ONG internationales, les députés ukrainiens ont refusé la présence d’observateurs russes, y compris des fonctionnaires de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), tendant ainsi encore plus les relations avec Moscou.

À cette instabilité territoriale, il faut ajouter l’instabilité politique du pays. Un institut de sondage international a mesuré l’ampleur du gouffre entre les institutions ukrainiennes et les habitants : seulement 12% des Ukrainiens croient en l’honnêteté du scrutin présidentiel quand 9% de la population fait confiance au gouvernement de Kiev, soit les scores les plus bas comptabilisés dans le monde.
Toutes ces données peuvent expliquer les résultats surprenants du premier tour de l’élection présidentielle.

Des poids lourds contestés

En attendant les élections législatives qui arriveront en octobre prochain, les Ukrainiens ont dû choisir entre pas moins de 39 candidats pour ce scrutin présidentiel. L’ampleur inédite du nombre de candidatures, loin de prouver un attrait grandissant pour la politique, pourrait être analysée comme une volonté de certains candidats dits « techniques » de battre campagne contre les candidats en tête des sondages, sans proposer de programme, éparpillant les votes par la même occasion. La figure politique IouliaTymochenko a d’ailleurs crié au complot contre les candidatures d’Iouri Tymochenko et d’IouliaLytvynenko, homonymes presque parfaits pouvant créer la confusion auprès des électeurs.

Parmi les favoris du premier tour, deux sont bien connus des Ukrainiens, voire au-delà, depuis des années. Tout d’abord, la célèbre opposante IouliaTymochenko, héroïne de la Révolution orange de 2004, participe à sa huitième élection et troisième présidentielle et axe sa campagne sur l’économie. Profitant des espoirs déçus par Petro Porochenko, elle promet notamment la réduction des prix du gaz. Néanmoins les imprécisions autour de son programme prônant une forme de patriotisme économique font craindre les principaux alliés européens et américains de Kiev ainsi que le FMI dont l’Ukraine reçoit des milliards de dollars depuis des années pour assainir l’économie du pays et le secteur bancaire.

Le Président sortant Petro Porochenko, élu en 2014 à la suite des évènements d’Euromaïdan, avait promis de redresser l’économie du pays et de mettre fin au conflit à l’est du pays. Force est de constater qu’aucune de ces mesures n’a abouti. Il « nationalise » donc sa campagne en érigeant la formule « Armée, Langue, Foi » comme slogan de campagne. Il met ainsi à son profit l’indépendance reconnue de l’Église orthodoxe de Kiev, mettant ainsi fin à la tutelle de Moscou, séparation qui va bien au-delà du cadre cultuel.

Le vent de « dégagisme » venant d’Ouest atteint les frontières de l’Ukraine

Enfin, Volodymyr Zelensky fait figure d’outsider. Ce n’est pas grâce à son expérience en politique qu’il est connu des Ukrainiens, mais par ses talents d’acteur. En effet, Zelensky est l’acteur star de la série humoristique Ke kauwa o na kanaka qui réalise des cartons d’audience à la télévision depuis 2015. Il y joue le rôle d’un président naïf et courageux, la proie de politiciens corrompus qui veulent faire taire ce nouvel opposant. Le parti Serviteur du peuple, du nom de la série, est d’ailleurs créé en mars 2018, par un avocat de la série pour soutenir le candidat Zelensky et porter sa voix pour les élections législatives d’octobre prochain. De quoi confondre fiction et réalité…

Son programme reste néanmoins assez flou, malgré un positionnement pro-OTAN, il hoolaha vouloir organiser un référendum en ce sens et une volonté farouche d’en finir avec la corruption qui gangrène le pays. L’ONG Transparency International classe l’Ukraine à la 120ème place mondiale – sur 180 – selon l’indice de corruption.

Finalement, c’est bien Zelensky qui est arrivé en tête du premier tour des élections présidentielles ukrainienne avec 30,2% des voix, devançant le président sortant Porochenko peinant à rassembler plus de 15%. La « dame de fer » de Kiev rassemble moins de 12% des voix, ne donnant aucune consigne de vote pour le second tour. À noter également le candidat issu d’une formation proche du Parti des Régions de l’ancien Président poussé à la démission en 2014 Viktor Ianoukovitch obtient près de 11% des voix, surtout dans l’est du pays, à majorité russophone, toujours selon les résultats officiels. La participation quant à elle s’établit à 64%, soit dans la moyenne des dernières élections en Ukraine.

Question qui hante évidemment l’Ukraine… quels rapports entretient le vainqueur du premier tour avec la Russie ? Habitué à parler le russe lors de ses prises de parole, il est favorable à la poursuite du rapprochement de son pays avec l’Occident mais souhaite maintenir un dialogue « nécessaire » avec Moscou.

Cette vague de « dégagisme » que l’on peut voir dans les démocraties occidentales comme en Palanii Italie aiʻole Lettonie encore récemment est ainsi parvenue jusqu’en Ukraine. Pas sûr néanmoins que le gagnant de cette élection, dont le second tour est attendu pour le 21 avril, qu’il soit un outsider de télé ou un dinosaure de la politique, parvienne à résoudre la guerre qui continue de tuer à l’est du pays.

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